Les agriculteurs maintiennent la pression

Le 27 novembre,  les agriculteurs manifesteront à Paris. Ils réclament la mise en place de mesures concrètes pour pouvoir vivre de leur métier.

D’après une enquête de l’INSEE, presque 20% des agriculteurs n’arrivent pas à vivre de leur métier. ©DR

Les fortes mobilisations du mois d’octobre et les actions locales de ces dernières semaines commencent à porter leurs fruits. Pas suffisamment pour la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, qui ont décidé de maintenir la pression en frappant un peu plus fort. Le 27 novembre, les agriculteurs de toute la France sont invités à converger vers Paris pour une manifestation de grande envergure. Agribashing, accords de libre-échange, distorsions de concurrence, les revendications restent les mêmes. Pourtant, les signaux d’une prise de conscience du malaise agricole se sont multipliés : première prise de parole du Président de la République à Mayotte pour apporter son soutien aux agriculteurs, durcissement du ton face aux dénigrements et violence avec la mise en place de la cellule Déméter, maintien du budget des Chambres d’agriculture. « La profession a obtenu des avancées, reconnaît Benoît Lévêque, secrétaire général de la FDSEA 10. Mais elles  ne se traduisent pas encore en solutions concrètes sur nos exploitations ». En jeu, la question du revenu des agriculteurs, qui «  doit être prise à bras-le-corps ». Selon une étude de l’Insee, presque 20 % des exploitants français n’arrivent pas à vivre de leur métier.

Convoi de tracteurs

« Nous sommes toujours pris en étau entre une réglementation qui ne permet pas la compétitivité et une répartition de valeur qui ne garantit pas une juste rémunération, indique la FNSEA et les JA. Cette situation n’est plus tenable. A défaut d’avoir plus de prix, du fait que les acteurs économiques ne jouent pas suffisamment le jeu des Etats Généraux de l’alimentation, des charges nouvelles s’abattent sur les exploitations. Au lieu d’investir son énergie à créer de nouvelles distorsions (accords commerciaux internationaux, zone de non-traitement, taxes nouvelles), indique la FNSEA,  l’Etat devrait s’employer à faire respecter la loi Egalim pour sécuriser véritablement le revenu des agriculteurs ». Le 27 novembre, les organisations syndicales se mobiliseront pour demander aux distributeurs et industriels de permettre le retour à un revenu décent, et à l’Etat de transformer ses promesses en actes concrets. A l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de l’Aube, un convoi de tracteurs et d’agriculteurs aubois devrait converger vers Paris.