Deux gîtes à la ferme

Agritourisme. À Druisy, en la commune d’Aix-en-Othe, la famille Buridant a choisi voilà six ans de créer un gîte à proximité de leur exploitation. 

Françoise et Yves Buridant proposent deux gîtes à la location à Aix-en-Othe. © A.T.

La vie de l’EARL de l’ancien lavoir, à Aix-en-Othe, semble similaire à bien d’autres. Sur près 200 ha, elle cultive du blé, de l’orge, du colza, du pois, du lin, du tournesol, etc. Afin d’investir le moins possible, l’exploitant – Yves Buridant – est adhérent d’une cuma ; il travaille également beaucoup en entraide. À ceci près que ce dernier a décidé en 2013, avec sa femme, de créer un gîte à la ferme. Un second a vu le jour en 2016.

Une ancienne porcherie

Pour ce faire, deux bâtiments déjà existants ont été rénovés. « Le premier gîte est une ancienne porcherie. Nous avons pu la rénover grâce aux aides de l’Anah (l’agence nationale de l’habitat NDLR). Pendant un peu plus de 11 ans, nous en avions fait un logement pour des personnes ayant des revenus modestes. Nous avons par la suite décidé de nous tourner vers le tourisme, en en faisant un gîte. On adore accueillir, montrer ce qu’est une ferme. Nous l’avons d’ailleurs appelé La Basse-cour, cela faisait un thème pour les clients », explique son épouse, Françoise Buridant.

Le deuxième gîte fut quant à lui créé dans leur ancienne maison d’habitation. « Elle n’était pas très pratique pour vieillir. Nous voulions profiter de notre retraite dans un lieu que nous aimions. Nous avons donc investi dans une maison neuve plein pied. Les revenus des gîtes paient les mensualités », poursuit-elle. Son nom ? Voyages, Voyage.

Des clients de tous les horizons

Et les clients viennent ! Parfois même de très loin. Il y a quelques semaines, certains étaient d’ailleurs originaires d’Israël. « On s’aperçoit que les gens regardent où ils vont. Certains viennent pour se reposer, découvrir le coin, profiter des randonnées, etc. », indique encore Françoise Buridant. Des fêtes (mariage, anniversaire) peuvent également être organisées aux alentours. Les gîtes sont ainsi des solutions pour les invités en quête d’un logement. « Nous pouvons aussi accueillir des personnes dans un cadre professionnel », précise-t-on.

Mais créer des gîtes n’est pas une décision à prendre à la légère. Il faut déjà se renseigner sur les normes en vigueur ; le couple s’est ainsi rapproché des Gîtes de France. C’est aussi du travail au quotidien. « C’est beaucoup de boulot, surtout si on veut accueillir les gens comme il faut. Au départ, on s’était dit que ce ne serait que l’été. Finalement, c’est toute l’année, peu importe la saison. La période estivale, ce n’est pas là où on loue le plus », note-t-on encore. Outre gérer les réservations, il faut également entretenir les bâtiments, les nettoyer après chaque passage, accueillir les clients, être disponible, communiquer pour se faire connaître, etc.

Des moments de partage

Françoise et Yves Buridant ne pensaient pas créer des gîtes. Mais c’est une aventure qu’ils ne regrettent point. « On avait les maisons, le temps pour le faire et l’envie. Cela nous plait. Il y a bien sûr du bon et du mauvais. Certains clients sont pénibles, cela fait partie du jeu. Mais parfois, on a aussi l’impression d’être un peu en vacances avec eux. Des vosgiens nous amènent des choses à manger, on boit un verre ensemble, etc. », reconnaissent-ils.

Ces moments de partage se déroulent également à la ferme. Une visite de la basse-cour est proposée ; elle n’est cependant nullement obligatoire. « Nous possédons quelques lapins, des poussins, des poules… Nous accueillons d’ailleurs les touristes avec des œufs frais. On va leur montrer que des poules peuvent produire des œufs de couleur différente. Nous pouvons aussi proposer un tour de tracteur… On ne peut pas imaginer les questions qui sont posées. Il faut tout leur expliquer », souligne-t-on. L’occasion de faire passer de nombreux messages, pour une meilleure compréhension de l’agriculture d’aujourd’hui.

Aurélien Tournier