Les travaux forestiers, une source de revenus

Diversification. À Druisy, en la commune d’Aix-en-Othe, Olivier Guyon endosse les casquettes d’agriculteur, mais aussi d’entrepreneur de travaux agricoles et forestiers. Ces derniers assurent aujourd’hui la majorité de son chiffre d’affaires.

Olivier Guyon. © A.T.

Lorsqu’Olivier Guyon s’installe sur l’exploitation familiale, dans les années 2000, il s’attèle de suite à trouver de nouveaux débouchés. « Elle était alors tournée vers la polyculture et l’élevage laitier. J’aidais mes parents, il n’y avait pas eu d’agrandissement », précise-t-il. Il a ainsi pensé un temps à la dinde de découpe, au taurillon à l’engraissement ou encore au réaménagement d’un bâtiment pour créer des chambres d’hôtes. Et puis, en discutant avec des voisins, il prit connaissance du besoin d’entretien des bordures de bois. « Avec le projet de découpe en intégration, on allait investir environ 120 000 euros. Cela nous a fait un peu peur. Mais nous voulions vraiment développer une autre activité », poursuit-il. Quitte à sortir de l’agriculture. Son choix s’est donc porté vers les travaux forestiers. À l’époque, il investira ainsi près de 40 000 euros dans l’achat de matériels spécifiques. « Il n’était pas possible d’utiliser les machines de l’exploitation agricole. Nous avions par exemple besoin d’un tracteur caréné avec protections pour aller dans les bois. Une épareuse ainsi qu’un lamier ont aussi été achetés », précise-t-il.

Une affaire qui tourne

Un choix qui s’est rapidement révélé payant. Après avoir approché les agriculteurs intéressés, Olivier Guyon a fait de même avec les collectivités. L’Etaf – comme Entreprise de travaux agricoles et forestiers – sera créée officiellement en mai 2007, indépendamment de la structure agricole. L’élevage laitier sera quant à lui arrêté en 2010, au moment du départ en retraite de ses parents. Et à un moment où il était également nécessaire de remettre les bâtiments aux normes.

Aujourd’hui, l’Etaf emploie 6 salariés. Les travaux forestiers représentent par ailleurs aujourd’hui 70% du chiffre d’affaires. « Le reste, ce sont les travaux agricoles. Nous réalisons des prestations sur 600 hectares. Les 230 hectares de l’exploitation familiale (colza, blé, escourgeon, chanvre, orge de printemps, tournesol, ray-grass porte-graine…) sont eux aussi récoltés par l’entreprise », souligne Olivier Guyon.

Différents matériels acquis

Si l’Etaf s’était fait connaître initialement avec le nettoyage de chemins ainsi que l’élagage, elle a au fil du temps proposé toute une gamme de travaux : du broyage avant plantation, de l’abattage, l’entretien de cloisonnements, la préparation et le travail du sol, l’entretien de réserves foncières, de friches, etc. Au regard de cette diversité, il n’y a ainsi aucune période creuse dans l’année. Le parc de matériels a lui aussi évolué. On dénombre ainsi aujourd’hui deux tracteurs forestiers, deux broyeurs (un semi-lourd pour le gros broyage, un autre plus petit pour les entretiens de cloisonnement), trois épareuses, un lamier, une remorque forestière, un camion ou encore un automoteur de fauchage. Lequel a d’ailleurs été acheté en ce début d’année 2019. Le parc matériel est récent. « C’est un poste de dépense important, mais c’est aussi un choix. Avec des matériels neufs, le travail est bien fait », observe-t-il.

Douze ans après le lancement de cette activité, Olivier Guyon est plutôt satisfait. La diversification est réussie et le cercle des clients s’est agrandi (ces derniers se situent dans un rayon de 35 kilomètres). « Je suis content, très content même. Cela nous a aussi permis d’embaucher des jeunes du territoire. Il y a une très bonne ambiance, un esprit familial. Les clients sont satisfaits », indique-t-il volontiers.

Aurélien Tournier