Des gîtes et un domaine

Œnotourisme. Certaines domaines viticoles choisissent de proposer des gîtes, en leurs cœurs ou à proximité. Rencontre avec la maison de champagne Binon-Coquard, basée à Spoy.

Stéphanie Bopp et Maxime Binon. © A.T.

Chez les Binon et les Coquard, la culture de la vigne est une affaire de famille. Une histoire qui a débuté en 1669. Mais il aura toutefois fallu attendre 2003 pour le lancement de la marque éponyme. Depuis, ce sont 20 000 bouteilles qui sont commercialisées chaque année. Des volumes qui se vendent principalement dans l’Hexagone, la part export représentant moins de 10%. La vente au domaine est également développée. « Nous avons un local de réception assez cosy », souligne d’ailleurs Maxime Binon, installé sur l’exploitation depuis les années 2000. Une pièce qui devrait évoluer au fil du temps. « Il deviendra un hall de réception. Il sera à la fois dédié à l’œnotourisme, mais ce sera aussi un espace pour accueillir les clients de nos prochaines chambres d’hôtes qui seront situées à l’étage », poursuit-il.

Deux gîtes à Champignol-lez-Mondeville

Une activité qui n’est pas inconnue pour cet homme, bien qu’il soit davantage habitué à la production du raisin et l’élaboration des vins. « La création du premier gîte, en 2012, résulte de deux facteurs. Ma compagne souhaitait tout d’abord acquérir une maison en dehors du cœur de l’exploitation. Nous voulions aussi faire venir les touristes sur le territoire », explique-til. La bâtisse, située au pied du vignoble de Champignol-lez-Mondeville et ouverte lors de la période estivale, peut accueillir jusqu’à 6 personnes.

Mais avant l’arrivée des premiers clients, la maison a dû faire l’objet de travaux. « Nous n’étions pas dans la phase de construction d’une maison, il nous fallait aménager l’existant », commente le vigneron. « Il faut concevoir un gîte comme une maison dans laquelle on aimerait vivre. Là, tout était en frisette. Nous avons donc repeint car c’était un peu oppressant. Il faut respecter les lieux, ne pas le dénaturer et être assez neutre », indique en premier lieu Stéphanie Bopp. Cette dernière s’est aussi rapprochée de Gites de France lors de sa réflexion quant à l’aménagement. « On savait que c’était un organisme vers lequel nous pouvions nous tourner, qui connaissait aussi les attentes touristiques du secteur. Nous nous sommes basés sur leur grille de classement. En outre, nous avons essayé de tendre vers un 4 épis, même si nous n’en voulions que 3 », ajoute-t-elle.

Depuis deux mois, un autre gîte – appelé « Chez André(e) » a également été créé. « C’était la maison de mes grands-parents », ajoute encore Maxime Binon. « On ne s’est pas trop posé la question pour l’ouverture d’un deuxième gîte. Mais il faut se dire que ce n’est pas seulement de l’argent qui tombe sur un compte. Derrière, il y a beaucoup de travail. Il ne faut pas se décourager, mais juste s’y préparer », confesse Maxime Binon.

Une bouteille de champagne au frais

Posséder des gîtes demande en effet une logistique, de l’entretien, voire même des réajustements dans les emplois du temps. Le couple tient par exemple à accueillir leurs clients. « Si je travaille dans les vignes à côté, je peux facilement les accueillir », note le vigneron. C’est en revanche plus difficile lorsqu’une arrivée est programmée le vendredi à des heures assez tardives… et lorsque l’on a deux enfants en bas âge. Il n’empêche, tous deux restent satisfaits de ces expériences. « On rencontre du monde, les gens sont sympathiques », soulignent-ils.

C’est aussi ouvrir une porte vers le monde de la vigne. D’ailleurs, quel que soit la durée du séjour, une bouteille de champagne est mise au frais. « Inévitablement, cela permet d’embrayer une conversation », raconte Stéphanie Bopp. Des visites ainsi que des dégustations peuvent être aussi proposées. Tous n’acceptent pas. Il faut dire que cela dépend aussi du profil des visiteurs : certains sont seulement à la recherche du calme, quand d’autres veulent profiter du parc d’attractions Nigloland. « Parfois, certains clients nous recontactent. Même s’ils ne sont au gîte, ils veulent passer et acheter du champagne », confie-t-on encore.

Aurélien Tournier