« Que les habitants soient fiers de leur territoire »

Trois questions à Étienne Bertrand, président de Cap’C. Celui qui a succédé à Pierre-Éric Jolly fait un point sur les premiers mois écoulés. L’occasion, aussi, de parler de l’œnotourisme – une problématique dont se saisissent de nombreux professionnels, mais aussi de la Route du champagne, un événement très attendu.

Étienne Bertrand, président de Cap’C. © A.T.

Vous avez été élu président de l’association Cap’C le 24 octobre 2018. Quel bilan tirer de ces premiers mois ?

Il y a quelque chose qui est très enthousiasmant, c’est la dynamique de groupe. C’était d’ailleurs très visible lors de notre assemblée générale, le 21 mai à Meurville. Il y a des jeunes qui s’emparent des dossiers, qui les mènent. Ce sont des chefs de projets qui sont autour de la table. Au sein du bureau, et plus largement au sein du conseil d’administration, nous avons vraiment des vignerons engagés qui ont envie d’amener leur pierre à l’édifice. On sent qu’il y a également beaucoup d’attentes, nous sommes très sollicités. Clairement, je ne m’attendais pas à un tel niveau de sollicitation. À chaque fois que l’on parle de champagne dans l’Aube, les gens nous questionnent. On le vit dans beaucoup d’endroits, comme les foires de Champagne. Il faut arriver à répondre à toutes ces demandes… ce qui est parfois très compliqué, bien qu’enthousiasmant. Nous sommes vignerons, nous avons des exploitations à faire tourner. Parfois, on a le sentiment que nous prenons un peu le relais de l’institutionnel alors que nous sommes une association de bénévoles. C’est agréable d’être attendu. Mais parfois, on se demande comment on va faire pour répondre. On n’a pas toujours les ressources pour répondre à tout, et c’est un point sur lequel nous devons nous améliorer. Le risque, c’est que l’on sollicite beaucoup les bénévoles. Nous avons d’ailleurs engagé un travail d’audit sur l’association, afin de redéfinir nos missions et y voir plus clair. Enfin, beaucoup d’actions ont été menées ces derniers mois. Le niveau d’exigence est monté d’un cran. La volonté du nouveau bureau est de monter en qualitatif.

Lors de votre assemblée générale, il a été question d’œnotourisme. Que pensez-vous de cette dynamique ?

Nous nous en réjouissons. L’offre s’élargit, c’est une bonne nouvelle. Il ne faut plus de contenter du champagne, il faut proposer une histoire autour. Le champagne, c’est aussi la beauté des paysages, un savoir, une culture. Il y a eu les assises de l’œnotourisme en mars dernier ainsi qu’un livre blanc ; cela a enclenché un mouvement dans notre région. Cette dynamique est l’affaire de tous, professionnels du champagne et du tourisme. Il faut également impliquer les champenois dans cette transition. L’idée est de tirer parti de la fierté que nous développons pour notre territoire. Cette transition œnotouristique doit participer à un rééquilibrage entre les terroirs de Champagne. Les gens savent pourquoi ils choisissent l’Aube : pour la tranquillité, l’authenticité des villages et la rencontre avec les vignerons.

La Route du champagne se déroulera les 27 et 28 juillet dans la vallée de l’Arce en Seine. Que nous réserve cette nouvelle édition ?

Chaque année, la Route du champagne porte un peu « la patte » du responsable du secteur. Rodolphe Vieitez, vigneron à Bar-sur-Seine, également trésorier de notre association, a souhaité développer un projet artistique, autour d’œuvres pérennes, qui vont rester dans le vignoble. Pour cette 24ème édition, nous avons aussi voulu associer à notre fête toute la famille de l’appellation Champagne. Il y a quelques semaines, nous avons invité des chefs de cave, un chef étoilé, des sommeliers, des œnologues, ou encore des journalistes à déguster les cuvées qui seront présentées. Leurs commentaires, signés, figureront dans le carnet de route. Ce qu’il est important de rappeler, et qu’il ne faut pas négliger, c’est que cet événement peut avoir lieu grâce à des vignerons qui ouvrent leurs caves. Il y a plusieurs facteurs qui concourent à la réussite de l’événement. Mais le premier niveau, c’est bien les caves. Lesquelles sont chaque année enthousiastes ; elles ne demandent qu’à recommencer rapidement.

Propos recueillis par Aurélien Tournier

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