Des écoliers à la ferme

Communication. Ces derniers jours, plusieurs éleveurs ont choisi d’ouvrir les portes de leurs exploitations à l’occasion de l’opération « Made in viande », portée par Interbev. À Dienville, Yannick Verhaegen fut l’un d’eux.

Il était environ 10 heures, ce lundi 27 mai, lorsqu’une vingtaine de jeunes élèves – originaires de Noé-près-Troyes – ont pénétré dans le bâtiment d’élevage de Yannick Verhaegen. Une visite particulière, organisée dans le cadre des rencontres « Made in viande ». Lors de cet événement, les professionnels de l’élevage et de la viande sont invités à faire découvrir leur métier et savoir-faire. Un exercice qui n’est pas inconnu pour Yannick Verhaegen ; il participait en effet à ces rencontres pour la deuxième année consécutive.

Montrer la réalité de son métier

Yannick Verhaegen s’est installé en 1995, à Soulaines-Dhuys, sur une ferme laitière. En 2006, il a choisi de revenir sur l’exploitation familiale, située à Dienville. « J’ai fait le choix d’arrêter la production laitière, la mise aux normes des bâtiments était compliquée. Je me suis alors orienté vers l’élevage allaitant. Je n’avais pas pu m’installer sur la ferme familiale car il n’y avait pas assez de travail pour moi et mon père. J’ai donc attendu son départ en retraite », raconte l’éleveur. Lors de la reprise, il créera un atelier de découpe. Montant de l’investissement : près de 120 000 euros. « Deux bouchers ont été recrutés. Les carcasses de 600 kg sont travaillées sur place (les bêtes sont abattues deux fois par mois à Chaumont NDLR). Nous pouvons faire des faux-filet, des entrecôtes, des côtes de bœuf, des merguez 100% bœuf, des saucisses 100% bœuf, des lasagnes, etc. », ajoute-t-il.

L’exploitation est donc tournée vers l’élevage et la polyculture. Le cheptel compte ainsi 120 mères de race Blonde d’Aquitaine. La superficie des pâtures s’élève à 100 ha ; on y retrouve notamment du trèfle blanc, du dactyle ou encore du fétuque. Pour les rations, Yannick Verhaegen peut aussi compter sur 125 ha de cultures : 20 ha d’orge, 40 ha de blé tendre, 7 ha de luzerne et 13 ha de soja. « Nous produisons aussi de la betterave sucrière pour Cristal union. Depuis 2 ans, nous cultivons également des pommes de terre, destinées à devenir des frites », précise l’éleveur. Autant de productions que l’on retrouve dans les rations des animaux. Du tourteau de colza peut être ajouté pour les protéines, tout comme du tourteau de lin pour la qualité du gras de la viande. Du maïs apportera également de l’énergie, aux côtés de la pulpe de betterave surpressée.

L’éleveur privilégie par ailleurs les méthodes naturelles pour soigner ses bêtes. Afin de prévenir les maladies de peau, et notamment les dartres, il a par exemple suspendu dans son bâtiment d’élevage des branches de houx séchées.

Vente directe

Alors, forcément, il y en avait des choses à raconter à ces jeunes élèves ! Pour l’éleveur, ces échanges sont importants. « Ils ont pu toucher, caresser les animaux. C’est important de montrer dans quel environnement on travaille, surtout à des enfants qui habitent en ville. Certains n’avaient jamais vu de vaches en vrai. Ils s’intéressent à leur environnement ; ce sont des choses qui vont rester dans leur mémoire », commente encore Yannick Verhaegen.

Il faut dire que l’éleveur est particulièrement attaché au lien qu’il peut tisser et entretenir avec les consommateurs. Ses produits sont d’ailleurs commercialisés en direct, sur Internet ou dans des magasins de producteurs. « La vente directe se développe. Les gens sont de plus en plus demandeurs. On leur fournit des produits de qualité, à un prix correct. Ils savent comment on les élève, comment on travaille la viande », commente encore Yannick Verhaegen.
A.T.