À la découverte des cultures sous serres

Camille Daubré et Maxence Graebing produisent depuis fin 2017 des tomates, concombres, aubergines et des poivrons. © A.T.

Maraîchage. Pour la 4ème année consécutive, les producteurs de tomates et concombres de France ouvrent leurs serres au grand public. Les serres de Noisette, à Trancault, participent à l’opération.

L’un est originaire de Dierrey-Saint-Pierre, l’autre de la commune d’Arrelles. Camille Daubré et Maxence Graebling se sont installés à Trancault en décembre 2017. Ingénieurs de formation, ils ont décidé de tout plaquer pour reprendre les serres de Noisette. « Nous étions dans des bureaux, un peu moins sur le terrain, et nous n’utilisions pas vraiment nos mains. Voilà pourquoi nous étions intéressés par ce projet. Vu l’envergure, nous nous y sommes lancés à deux », raconte Maxence Graebling. Pour autant, ils n’ont pas tiré un trait sur leurs expériences passées. « Il y a beaucoup de sciences dans ce métier », poursuit-il.

Concombres, tomates, poivrons et aubergines

L’exploitation est principalement tournée vers la production de concombres (900 tonnes). Mais elle cultive également des poivrons longs, des aubergines et des tomates (13 variétés). Surface totale : 1,8 ha. La majeure partie est commercialisée via la coopérative Casay (Foissy-sur-Vanne, Yonne), associée au bureau de vente Kultive. Près de 3000 m2 – de tomates – sont toutefois destinés au marché local (et plus précisément au magasin Fraich’, situé à Barberey-Saint-Sulpice). Un choix assumé. « Lorsque c’est vendu en local, on peut se permettre de faire moins de rendement. C’est cueilli à maturité, donc le fruit reste plus longtemps sur la plante qui fournit plus d’énergie. En diminuant les intermédiaires, on limite le pôle de charges », ajoute-t-il encore.

© A.T.

Pour accompagner la croissance des plantes, c’est la lutte intégrée qui a été privilégiée. Concrètement, des prédateurs vont être utilisés afin de contrer les ravageurs : des parasitoïdes vont par exemple venir pondre dans les œufs des larves de ravageurs. Sont aussi utilisés le phytoseiulus persimilis (contre le  contre le tétranyque), neoseiulus californicus (contre certains acariens) ou encore l’encarsia ou le swriskii (pour les mouches blanches). Des bourdons ont par ailleurs pris leurs quartiers dans les serres afin de participer à la pollinisation. À partir de la fin du mois d’octobre, jusqu’à la mi-janvier, un vide sanitaire est également mis en place. « Cela permet par exemple d’éliminer les spores d’oïdium », indique Camille Daubré.

L’an dernier, aucun insecticide n’a été utilisé. Le couple ne s’interdit pas, un jour, et s’il le faut véritablement, d’en utiliser. Mais ce n’est pas franchement pas l’objectif. D’autant que l’achat des prédateurs représente plusieurs milliers d’euros.  

Vitesse du vent et géothermie

D’autres éléments font également la particularité de cette exploitation : pour le chauffage, ils utilisent un système de géothermie. Des capteurs sont également sur les verrières, afin de veiller continuellement aux températures, la vitesse du vent ou encore l’hygrométrie.

Un peu moins de deux ans après leur installation, les deux jeunes gens sont satisfaits de leurs choix et n’expriment aucun regret. Bien au contraire. Une envie qu’ils partageront ainsi ce samedi. « On pense qu’il faut faire connaitre un peu plus notre profession. Les gens connaissent peu la production de fruits et légumes, ou encore moins les techniques utilisées sous serres. Nous voulons faire découvrir notre métier, et de quelle manière nous sommes capables de faire pousser des plantes sans utiliser de produits. C’est aussi dire que l’intégralité des tomates – 80 tonnes – sont vendues dans l’Aube », commente encore Camille Daubré.

Aurélien Tournier

Pratique
Les visites des serres de Noisette se dérouleront ce samedi 25 mai, à 9h30, 11h et 14h30. Il est nécessaire de s’inscrire au préalable sur le site Internet www.tomates-de-france.com. En cas de venue spontanée, les visiteurs ne seront pas toutefois point refoulés. Gratuit. Adresse : 6 rue de l’Étang de Lampe, 10290 Trancault.