« On a tellement de belles choses à partager »

Trois questions à Denis Beauchamp, président de l’association « FranceAgriTwittos ».


FranceAgriTwittos est une association qui a vu le jour en 2017. Pouvez-vous nous la présenter ?

FranceAgriTwittos est une association qui regroupe à la fois des agriculteurs (de toute la France et de toutes les productions) ; et des gens de la filière agricole. Tous ont décidé de prendre en main leur communication et de partager sur les médias sociaux la réalité de l’agriculture telle qu’elle est maintenant, en toute transparence, et sans filtre. L’association est asyndicale et apolitique. Elle a pris le parti de partager, avec bienveillance, tout ce qu’il y a de beau dans l’agriculture.

Nous sommes un peu plus de 200 adhérents ; notre compte sur Twitter compte cependant 8500 followers. Tous les métiers sont représentés : céréaliers, viticulteurs, éleveurs (viande, lait), pépiniéristes, etc. Dans le para-agricole, il y a des salariés de coopératives, de semenciers, du négoce, des enseignants, et même certains qui n’ont pas de lien direct avec l’agriculture, mais que ça intéresse tout de même.

À ce jour, nous ne comptons qu’une seule adhérente dans le département de l’Aube. Il va vite falloir remédier à cela. (rires) 

Certains lecteurs ne connaissant pas Twitter, pourriez-vous nous présenter ce site de micro-blogging et ses particularités ?

C’est un site qui permet de partager des messages courts (d’une longueur maximale de 280 caractères), des photographies ainsi que des vidéos. Un éleveur peut parler du bien-être animal, quand un céréalier va quant à lui expliquer les traitements qu’il réalise dans ses champs afin de protéger ses cultures.

Outre toucher diverses communautés, Twitter permet aussi d’interpeller des personnalités politiques ou des médias. C’est assez simple, il suffit de mentionner un nom d’utilisateur pour lui adresser un message. Lequel sera public, même si on peut envoyer des messages privés.

De la même façon, nos messages – publics – peuvent être lus par des personnes qui saisissent des mots dièses (des mots clés, précédés par le symbole #). La profession agricole utilise d’ailleurs des mots clés spécifiques, comme #CeuxQuiFontLeLait ou encore #CeuxQuiFontLaViande. Nous avons aussi créé le nôtre, #FrAgTw, pour retrouver toutes les publications liées à l’association.

Twitter, c’est également une source d’information prépondérante pour de nombreuses personnes, notamment les plus jeunes.

Aujourd’hui, en quoi est-ce important pour un agriculteur d’être présent sur Twitter ?

Il est surtout important de communiquer sur son métier, que ce soit auprès de ses proches, de sa famille, ou à plus grande échelle sur les médias sociaux : on s’est tous rendu compte du fossé qui sépare la réalité de l’agriculture et sa perception par le grand public. C’est en investissant cet espace d’échanges que nous pourrons, chacun à notre niveau, combler ce fossé et faire tomber les clichés et les malentendus qui subsistent entre l’agriculture et la société en général.

Le but n’est d’ailleurs pas uniquement de répondre aux attaques, mais bien de proposer des informations, de la pédagogie, avec sincérité, bienveillance  et réalisme. C’est la « communication positive » qui changera les choses : ne pas laisser la place aux « anti-tout », et proposer au contraire du positif et de la bonne humeur. On a tellement de belles choses à partager, il ne faut pas s’en priver ! Nous devons être acteurs de la communication agricole, et ne plus subir. Il n’y a rien de plus légitime qu’un agriculteur pour parler de son propre métier.

Propos recueillis par Aurélien Tournier