Comment prévenir la mortalité des veaux

Une trentaine de personnes étaient réunies le 1er février à Chavanges, afin d’échanger sur la mortalité dans les élevages allaitants.

Dans l’après-midi, les participants se sont rendus sur l’exploitation de Jean-Pierre et Bernard Henriot. Ils ont pu, au travers d’ateliers, en savoir plus sur l’alimentation ou encore l’ambiance d’un bâtiment. ©A.T

Le GDS de l’Aube avait déjà parlé de cette problématique lors de son assemblée générale, au travers de l’exemple des avortements. Cette fois-ci, à Chavanges, c’est la Chambre d’agriculture Grand Est qui a décidé d’aborder la mortalité des veaux en élevage allaitant lors d’une journée dédiée, organisée par la Chambre d’agriculture de la Haute-Marne et Alysé. Une perte économique nette pour l’éleveur bien sûr, mais pas seulement. À vrai dire, c’est la productivité du troupeau qui peut aussi être touchée. « Plus il y a de mortalité, moins vous allez vendre de veaux. La productivité est très liée aux résultats économiques d’une exploitation », a d’ailleurs souligné Jérôme Laviron, responsable du pôle viande à Alysé. La croissance du cheptel sera aussi mise à mal ; les veaux malades pourront en effet connaître des difficultés dans leur développement.

Plusieurs facteurs liés à la mortalité

Si des maladies peuvent causer des morts, elles ne sont point les seuls facteurs. En effet, ceux-ci sont multiples : les années, le sexe, le regroupement ou non des vêlages (plus les vêlages sont groupés, plus la mortalité baisse), la qualité des fourrages, une mauvaise ambiance dans un bâtiment, etc. Certaines races connaitraient également des taux de mortalité supérieurs à d’autres. Ainsi, d’après des résultats des élevages bovins-viande suivis par Bovins croissance, on peut remarquer que le taux de mortalité se dégrade chez les Blondes d’Aquitaine – entre 2005 et 2015 -, passant de 10 % à 11%. Sur l’année 2015, les Limousines ainsi que les Charolaises connaissent respectivement des taux de mortalité de 9% et 10%. En revanche, celui de races rustiques comme les Salers ainsi que les Aubrac, s’élève à 6%. Les intervenants ont également indiqué constater des différences, concernant les taux de mortalité, entre les éleveurs spécialisés et les polyculteurs-éleveurs. « On ne peut pas être au four et au moulin. Lorsque l’on a une double, voire une triple activité, on va moins surveiller les veaux et on sera davantage dans les champs », a-t-il été dit.

Penser filière

Pour se parer contre la mortalité, on retiendra en tout cas que plusieurs leviers existent : la maîtrise technique – au niveau de l’alimentation, le sanitaire ou encore l’abreuvement -, les choix génétiques, l’organisation des bâtiments ainsi que la surveillance.

Lors d’échanges, les participants ont longuement rappelé l’importance du colostrum, qui permet au veau de s’immuniser. D’autres ont voulu parler « filière ». « Un bon veau va donner de bons résultats. Il faut demander aux naisseurs de vacciner les broutards, avant de les vendre aux engraisseurs, afin d’avoir une efficacité maximale », a souligné dans la salle un représentant du groupement de producteurs bovins Cialyn.

A.T.

Quel impact économique sur l’exploitation
Lors de cette journée, de nombreux chiffres ont été présentés. Dont une étude présentant l’impact économique de la mortalité en élevage allaitant. En système naisseur, on estime le manque à gagner avec la mort d’un veau à environ 600 euros, en supposant qu’aucune charge n’a été engagée. En système naisseur-engraisseur, avec une marge de 150 à 200 euros, la perte d’un veau équivaut à un manque à gagner de 800 euros. « La perte d’un veau équivaut à une perte net de produit. Une fois le veau né, le plus gros du travail est déjà fait », a rappelé Marine Rosselle (Chambre d’agriculture de la Haute-Marne) en conclusion.