Une Chambre d’agriculture, la maison de tous les agriculteurs

Une Chambre d’agriculture, c’est un peu la maison de toutes les agricultures et de tous les agriculteurs. Quels qu’ils soient, cette instance consulaire se doit de leur ouvrir ses portes. Celle-ci peut en effet les accompagner au quotidien sur l’ensemble des étapes liées à la vie de l’entreprise, de l’installation à la transmission. Chaque département possède sa propre Chambre : l’Aube n’échappe donc pas à la règle.
Afin d’accompagner au mieux les professionnels, c’est tout un éventail de missions qui est proposé. Alors, bien entendu, il y a tout d’abord celles que l’on pourrait appeler « régaliennes ». Citons par exemple la représentation de la Chambre d’agriculture auprès des pouvoirs publics. L’instance peut également être saisie pour un permis de construire dès lors que des parcelles agricoles sont touchées, sur un SCoT ou encore un document de programmation divers. L’État lui confie également de plus en plus des missions de service public, à l’instar du CFE ou des pré-instructions de dossiers. Des missions qui pouvaient être réalisées par le passé par l’administration.

L’élan du collectif

Et puis, il y a la fonction d’intervention et de services auprès de divers clients, essentiellement les agriculteurs. « Les élus de la Chambre d’agriculture peuvent décider d’affecter de l’argent public sur des projets, qu’ils jugent d’intérêt général. D’une chambre à l’autre, on peut avoir des services existants ou inexistants », précise Sandrine Renault, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture de l’Aube. Il n’est, en effet, pas sans rappeler qu’une chambre d’agriculture est un établissement public, dont l’une des ressources est l’impôt, au travers de la taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties.

Dans le département de l’Aube, les élus ont historiquement choisi de se positionner sur les grandes cultures ainsi que le collectif. « La Chambre d’agriculture de l’Aube est l’une des rares à encore appuyer les groupes de développement agricole (GDA)», poursuit-elle. Par la suite, un GDV a également vu le jour. Des entités qui sont des associations. La Chambre départementale vient appuyer les démarches d’innovation, de recherche et de développement via les groupes innovants.

Du réglementaire au technico-économique

Dans les années 1990, l’instance consulaire se tourne vers l’environnement (biodiversité, nitrates, travail autour des captages, etc.) ; des conventions avec d’autres acteurs publics – comme l’Agence de l’eau ou encore l’Ademe – seront aussi signées. « Il fallait pouvoir faire évoluer les pratiques. Il y a aussi eu un renforcement au niveau réglementaire », précise-t-on aussi.

Si le collectif a toujours prévalu, il n’en reste pas moins que la chambre consulaire a également, au fil du temps, proposé des appuis individuels. « Cela s’est beaucoup développé lors de la dernière mandature » (NDLR 2013-2018), note d’ailleurs Delphine Olivier, responsable relation client en charge du développement des services et de l’accompagnement auprès des agriculteurs. Des collaborateurs sont ainsi montés en compétence et des recrutements ont été effectués.

Au plus près des professionnels

Une chambre d’agriculture évolue selon les besoins du territoire. Un pôle conseil économique sera donc aussi constitué. « Il fallait accompagner les professionnels autrement que par la seule technique agronomique. Il y a alors eu un rapprochement avec la Chambre d’agriculture de la Haute-Marne, qui avait les compétences technico-économiques. Ce fut une décision des élus », poursuit-on encore.
Il faut dire que les agriculteurs sont surtout des chefs d’entreprise, qui doivent avoir une stratégie. « Beaucoup ont “la tête dans le guidon”. À un moment, il faut savoir où on en est, réaliser des études à un instant T sur les charges et les recettes. Cela passe beaucoup par le biais de la formation », souligne Delphine Olivier. Payées par les bénéficiaires et Vivea, elles entendent répondre à des enjeux multiples, tant économiques que numériques, sociétaux ou encore climatiques. Les formations sont donc variées. Le dernier catalogue dédié aux viticulteurs – commun à l’Aube, à la Marne et à l’Aisne – l’illustre d’ailleurs bien : anticiper et réagir face aux aléas de gel et de grêle, assurer l’entretien et la maintenance de l’enjambeur, comment favoriser la biodiversité en viticulture, créer un gîte ou une chambre d’hôtes, être visible sur les réseaux sociaux, fertilisation, réglage pulvé, la viticulture durable en Champagne….

Parfois, l’accompagnement des agriculteurs se passe à l’échelle d’un territoire, à l’instar du Barrois. « Il s’agit de savoir comment les accompagner sur de nouveaux modèles. Il y a des pistes collectives, individuelles», souligne-t-on. Des analyses sont également en cours avec le CerFrance.

Une offre vers les collectivités

Une chambre d’agriculture peut également proposer ses services à des collectivités. C’est dans ce contexte que l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a créé dernièrement la marque « Terralto ». Cette nouvelle offre vise à proposer des solutions globales et transversales, comme l’aménagement de l’espace, la valorisation de produits locaux, la gestion de la biodiversité, etc. En somme, rien de très étonnant. La Chambre mise d’ailleurs sur ses points forts: la connaissance du terrain, son expertise et son ancrage territorial (relation aux élus locaux).

A.T.