Comment mieux utiliser le réseau social Facebook

Tuto’Com, c’est un rendez-vous gratuit proposé par Passion Céréales trois fois par an. Cette association veut en effet donner des clés aux agriculteurs et aux professionnels de la filière céréales afin de mieux communiquer auprès du grand public et des leaders d’opinion. La prochaine session est consacrée au réseau social Facebook. Elle sera co-animée par le champenois Bryan Coder, directeur associé de l’agence Ouest-Digital. Rencontre.

Lancé en 2004, le réseau social Facebook se positionne véritablement aujourd’hui comme un média incontournable. Beaucoup de personnes y ont un profil personnel afin d’échanger avec leurs contacts. Des entreprises communiquent également à travers des pages. Pensez-vous que les agriculteurs et le monde agricole y ont leur place ?

J’en suis convaincu à 100%. Aujourd’hui, les agriculteurs font parties du patrimoine français. On a tous quelqu’un, de près ou de loin, qui évolue dans le monde agricole. Les champs façonnent aussi nos paysages. C’est une première raison.

Cet outil est également un excellent moyen pour rapprocher le consommateur final d’un produit et toutes les personnes qui vont travailler à son élaboration. Les français recherchent en effet désormais du sens à ce qu’ils consomment. Ils veulent savoir d’où proviennent les produits locaux qu’ils achètent. Le grand public va aussi chercher à comprendre le quotidien des agriculteurs ainsi que les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

Toute présence sur un média social doit être étudiée. Quels sont les paramètres à prendre en compte ?

En fait, on doit tout d’abord se demander à qui on souhaite s’adresser, qu’est-ce qu’on a envie de raconter et quelles sont les personnes qui vont être touchées. Ce sont des questions essentielles. Après, c’est technique. Bien sûr, il faut aussi être en capacité de prendre la parole régulièrement, et ainsi fixer des rendez-vous afin de faire de cet outil un vrai média.

Certains entreprises optent parfois pour la création de profils, au lieu d’une page. C’est une erreur puisque ça ne respecte pas les conditions d’utilisation du réseau social. Quelles sont justement les erreurs souvent réalisées et les risques associés ?

Il y a en réalité trois grandes erreurs que font de nombreux utilisateurs. L’erreur la plus fréquente, c’est de s’y inscrire sans réfléchir. Il faut vraiment prendre le temps de se poser et répondre aux questions que nous avons abordé précédemment.

Beaucoup ne connaissent pas non plus les conditions générales d’utilisation de ce réseau social. Effectivement, une organisation ne peut pas créer un profil, réservé à un individu. Les pages qui font gonfler artificiellement l’engagement (en forçant les utilisateurs à identifier un ami lors d’un jeu concours par exemple) seront également pénalisées. La visibilité des publications sera moindre ; cela peut aussi aller jusqu’à là suppression sans préavis d’une page.

Enfin, Facebook est vraiment un espace d’interaction, d’échanges. Ce n’est pas un support de communication. Il faut avoir envie de répondre aux commentaires, instaurer un dialogue et de la proximité.

Lors de la web-conférence avec Passion Céréales, vous allez parler des trucs et astuces pour s’assurer d’une bonne visibilité. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

Parmi les astuces les plus simples figure l’utilisation des bons formats d’image. Lorsque ce n’est pas le cas, vous pouvez vous retrouver avec une tête coupée.

Autre exemple : inviter des internautes ayant réagi à une publication. Imaginons la publication d’une vidéo d’agriculteur qui moissonne. Celle-ci va générer de l’émotion et beaucoup de personnes vont l’aimer. Pour autant, ces dernières n’aiment pas forcément la page. Il existe une fonctionnalité pour le leur suggérer.

Enfin, il est possible de bloquer certains mots, notamment des injures. En effet, la modération – sur Facebook – peut se réaliser a priori. Ce filtre va jouer sur l’e-réputation. Cela va aussi permettre d’éliminer de potentiels problèmes et limiter le temps de la modération.

Certaines personnes considèrent que Facebook occasionne une « perte de temps » et que cette tâche doit être déléguée à des stagiaires. Est-ce également votre avis ?

Ce n’est pas forcément une perte de temps. Facebook, comme Twitter ou Instagram, permet d’être en prise directe avec ses cibles. Il n’y a pas d’intermédiaire et c’est en cela que ce réseau est puissant. Quant au stagiaire, pourquoi pas. Mais pas n’importe lequel : il faut qu’il soit spécialisé en communication digitale.

Aujourd’hui, la personne chargée des médias sociaux est en effet le porte-parole 2.0 d’une organisation. Remettre les clés à quelqu’un qui découvre le métier de communicant est, si elle n’est pas encadrée, dangereux. Il faut aussi qu’elle soit curieuse et technophile. Définir une ligne éditoriale, créer des contenus diversifiés et jongler avec l’algorithme du réseau social afin de leur assurer une bonne visibilité nécessitent un véritable bagage de compétences. Il s’agit aussi d’effectuer une veille sur les dernières fonctionnalités proposées.

PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIEN TOURNIER